Rencontre avec Hervé Niquet

Hervé Niquet - Chef d'orchestre et fondateur du Concert Spirituel

Musique Baroque en Avignon : Bonjour, Hervé Niquet et merci de nous accorder cette rencontre. Vous dirigez Le Concert Spirituel, dont vous êtes le fondateur, depuis 1987.  Lors de sa création, aviez-vous des ambitions particulières pour cet ensemble ?

H.N :  J’avais pour ambition de jouer et enregistrer des motets français, genre peu défendu il y a 35 ans et qui était la raison historique de l’existence de l’ensemble dirigé par Anne Danican Philidor à partir de 1725.


M.B.A : Pour ce concert, vous présenterez une sélection de pièces de Vivaldi dont certaines sont extraites de votre disque enregistré en 2021. En tant que spécialiste du répertoire baroque, en quoi Vivaldi se distingue de ses pairs ?

H.N : Vivaldi a un secret pour générer une énergie et une joie qu’on ne découvre qu’en concert car sa musique, faussement simple, est ardue à travailler. C’est un rapport direct entre lui et le public qui le rend unique.


M.B.A : Une grande partie de votre programme est plus connue sous la forme d’un chœur mixte et orchestre à cordes. Est-ce un choix du compositeur ?

H.N : Vivaldi avait comme charge d’écrire et diriger la musique de l’Ospedale de Venise dont la chapelle possède deux tribunes de chaque côté de l’orgue. Il a donc « dessiné » la plupart de ses œuvres dédiées à l’orphelinat pour les deux orchestres et deux chœurs composés des pensionnaires de cette maison.


Ce programme met face à face deux groupes de musiciens et musiciennes, et lors des concerts, c’est un duel entre les deux équipes voulant briller et étonner la partie adverse. Vous verrez que les « échanges » donnent lieu à des réparties virtuoses, uniques chaque soir.


M.B.A : Enfin, quels sont vos projets artistiques ?

H.N : Cette saison, Le Concert Spirituel sera quatre fois à l’Opéra Royal du Château de Versailles, avec des ouvrages de Gluck, Purcell, Mozart et

Grétry. Si l’on ajoute la production du Baron de Münchhausen avec Patrice Thibaud, on compte cinq ouvrages lyriques à notre calendrier. Nous avons toujours autant d’appétit !


Propos recueillis par Marjorie Cabrol